Roman - Lumière des Ombres

LUMIERE DES OMBRES


Je le savais. Depuis sa naissance, je me doutais que sa force et son pouvoir destructeur prendraient le dessus sur le Monde de la Magie. Ses pouvoirs étaient étonnaments développés à sa naissance, trop développés. J'aurais dû m'en préoccuper beaucoup plus tôt... Mais quand je me suis aperçu de sa folie meurtrière, il était trop tard, beaucoup trop tard.


1. L'ANIMAL DE LUMIERE
 
Ce matin là, Greg était entré chez Clark, l'air furieux et renfrogné. Son visage était maculé de pluie et sa grande cape noire de sorcier ruisselante intimidait, et faisait presque peur. Greg, de taille moyenne, avait des cheuveux chatains et courts, des yeux d'un brun presque noir et des joues creuses.
Clark, quand à lui était immense (environ 3m de haut) et les muscles de ses bras faisaient à eux tout seuls la taille d'une porte. Mais il n'était pas un humain. Sa peau était orange et dure comme du plâtre. Ses minuscules jambes surmontées de très gros pieds supportaient tant bien que mal le poids de son corps massif et musclé, armé de bras gigantesques aux mains de la taille de couvercles de poubelles. Pour couronner le tout, une minuscule tête munie d'un menton qui lui descendait jusqu'au nombril était perchée entre ses grosses épaules, gonflées par ses muscles.
Au dehors, le ciel était gris et la pluie torrentielle. De gros nuages noirs planaient doucement au dessus de la gigantesque plaine, libérant une étrange atmosphère de malaise et de compression. La pluie venait s'ecraser en véritables masses d'eau sur l'herbe détrempée de la Grande Plaine. La Grande Plaine était en fait une vaste région du Monde de la Magie. Une gigantesque étendue d'herbe avec quelques montagnes et quelques arbres, peuplée parfois de quelques cabanes ou chaumières isolées. Un seul village existait dans ces millions d'hectares, un grand village aux maisons en bois sculté. Ce village s'appelait Loutry St Chaspoule. C'est ici que Greg est né, en apparaissant brusquement comme le font les sorciers destinés à faire de grandes choses.
Une silhouette traversait à grands pas  la pelouse pour échapper à la pluie, et fonçait en direction de la cabane de Clark, ou Greg s'etait engouffré quelques secondes auparavant. Le mur était en briques, surmonté d'un toit en ardoise sur lequel la pluie battait, et muni d'une lourde porte en chêne massif sur laquelle on avait cloué une tête. Une tête semblable à celle de la créature qui courait vers la maison. Le Robot-Pirate s'arrêta net en la voyant et fît immédiatement demi-tour, courant de plus-belle. Le robot, grand et en métal rouge rayé de jaune avait l'air stupide. Son visage avait l'air d'un devant de locomotive à vapeur. Son oeil jaunâtre (l'autre était caché par un bandeau) regardait d'un air méchant et idiot. Ses bras ressemblaient à des pots d'échappement munis d'un canon au bras gauche et d'un crochet au bras droit. Il trébucha un peu plus loin, ayant glissé sur le terrain devenu impraticable, avec un grand bruit de fer rouillé. Mais ce bruit parvint à peine à la cabane de Clark ou Greg était entré, l'air furieux :
-Toujours la même chose... gronda t-il en prenant une tasse à fleurs dans un placard cabossé.
-Mmmpff? Balbutia Clark. Celui-ci était affalé dans un grand fauteuil vert tout rapiécé où de la mousse sortait par endroits.
-Je leur avait pourtant répété de faire attention! Dis Clark, tu as du chocolat?
-Keskispass? dit Clark en se redressant brusquement dans son fauteuil.
-Il se passe que je les avait prévenus, et ils ne m'ont pas écoutés. Résultat, j'ai dû aller les chercher à cinq-cent kilomètres de l'endroit voulu, au sommet d'une falaise! dit Greg d'un air renfrogné.
-Mais d'quoi tu parles?
-De mes élèves, Clark! Je suis moniteur de Transplanage! Ca te dis quelque chose, non? Dit Greg d'un ton patient.
-Je...ah! oui, biensûr, le Transplanage... Dis Clark d'un ton endormi.
Le transplanage était une pratique Magique extrêmement courante. Il suffisait de se concentrer un maximum sur un endroit voulu, et avec de l'entraînement, les sorciers aux pouvoirs Magiques suffisament développés pouvaient réussir cette pratique. En un rien de temps, un sorcier entraîné au Transplanage pouvait se "téléporter" n'importe où. Avec de l'exercice, le Transplanage devenait facile, habituel, considéré comme le premier moyen de transport Magique chez les Humains. En effet, le Transplanage n'était pratiqué que par les Humains, les autres espèces incapable de le réussir correctement, mais ces mêmes Humains pouvaient emmener avec eux n'importe qui ou n'importe quoi, y compris d'autres créatures. Les autres races intelligentes avaient d'autres moyens de transport semblable à celui-ci, mais moins rapide que le Transplanage. Ils utilisaient une "autre forme de Magie", une sorte de téléportation, plus ou moins puissante que celle pratiquée par les Humains.
Greg ajouta :
-Houlà! Tu dors encore, toi!
Il pris du chocolat en poudre et le versa dans sa tasse. Clark se leva, bailla longuement et s'étira de tout son long. Il attrapa un morceau arraché de Pirate posé sur la table de chevet à coté du fauteuil et l'avala tout entier, en une seule bouchée. Clark était très fort et très maladroit, il adorait partir à la chasse aux Robot-Pirates et les emprisonner dans les sous-sols de sa maison. Il pouvait alors en démonter quelques-uns et parfois s'en remplir l'estomac. Clark détestait faire du mal à une quelconque créature parce qu'il adorait les animaux. Les Pirates, eux, n'étants pas vivants, et étant particulièrement stupides et sanguinaires, Clark aimait leur rendre la pareille, étant donné que même vingts Pirates contre Clark ne faisaient largement pas le poids...
-Dis moi, pt'it gars, t'aurais pô vu Pass? J'crois qu'un Epouvantard s'est réfugié dans mon grenier...
-Non, je ne l'ai pas vu mais...- Greg avala une grande gorgée de chocolat-... par contre je peux t'en débarraser si tu veux. Tu sais, de l'Epouvantard... Dis Greg avec une voix aimable.
Soudain, avant que Clark ait eu le temps de formuler une réponse, un grand être de lumière bleue traversa la fenêtre sans bruits et atterrit avec douceur sur le sol de la masure. Entièrement constitué de lumière, le Patronus éclairait toute la cabane d'une lumière bleuâtre, donnant un air fantômatique à la pièce. Il s'arrêta en douceur en regarda Clark et Greg dans les yeux d'un air majestueux. Il se mit soudain à parler avec une voix quasiment semblable à celle de Greg.
-Rendez vous au quartier Général.
Puis il disparut dans un nuage de fumée, la lueur bleue s'évanouissant, replongeant la cabane dans une semi-obscurité. Il avait parlé d'un ton clair et distinct, peut-être même avec une voix étrange.
Les patronus étaient des sortilèges protecteurs, des énergies positives qui prennent la forme d'un animal qui correspond le plus au sorcier, sur le plan émotionnel et de personnalité. En cas d'attaque, le Patronus se place immédiatement entre l'ennemi et le sorcier l'ayant fait apparaître, autrement dit, son "maître". Mais les Patronus pouvaient aussi parcourir des distances inimaginables en un rien de temps pour délivrer des messages aux gens directement concernés par ceux-ci. Le Patronus de Pass était aussi exceptionnel que lui-même. En effet, ce Patronus là pouvait prendre n'importe quelle forme et ici, c'était un grand chat à l'allure royale qui s'était engouffré par la fenêtre pour délivrer son message d'un air hautain.
Clark attrapa sa baguette d'une taille impressionnante, et Greg sortit la sienne d'une poche intérieure de sa cape. Ils se précipitèrent vers la porte et sortirent dans le brouillard ruisselant, où ils disparûrent quelques secondes plus tard.




2. LE QUARTIER GENERAL


Clark et Greg ne fûrent guère surpris d'apparaître dans un endroit ou les conditions de temps étaient les mêmes. Une grande averse faisait rage, libérant la même atmosphère d'oppréssion et d'angoisse.
Ils se matérialisèrent devant un grand portail noir de fer forgé, à moitié caché par des plantes très hautes et très touffues, au sommet d'une montagne. Sur le portail, les inscriptions "La Magie est Puissance" étaient inscrites en maître au sommet de l'objet. Ils levèrent leur baguettes en signe de salut en s'adressant au portail, et le traversèrent comme s'il s'agissait d'un rideau de fumée. Ils traversèrent la cour sous la pluie battante, en se précipitant vers l'habitation au milieu de la cour escarpée, remplie d'arbres et d'autres grands buissons très touffus.
Le quartier général, au sommet de cette grande montagne en pente raide en plein milieu de la Grande Plaine, était accessible seulement en transplanant au sommet, la montagne étant trop abrupte et touffue pour pouvoir y accéder à pieds. Il était protégé par un "Anti-transplanage" ce qui signifiait qu'il était impossible de transplaner directement dans le jardin et encore moins dans le quartier général, ceci pour une question de sécurité. Tout en haut de cette gigantesque montagne, une tour de briques d'environ vingts mètres de hauteur se dressait, légèrement inclinée, comme si on l'avait plantée de travers dans le sol. La végétation avait poussée juqu'en haut du toit, faisant passer la tour comme un roc à peine visible au sommet d'une pente remplie de végétations de toutes sortes.
Clark et Greg traversèrent difficilement la grande cour peuplée de ronces, d'orties et d'autres plantes épineuses. Ce jardin était si touffu qu'il était presque impraticable, en plus de cette pluie torrentielle, qui s'abattait sur eux, telle un terrible châtiment. Ils arrivèrent tant bien que mal devant une porte en bois cachée par du lierre, où Greg tapa trois coups. Le son qui se libéra n'était pas naturel, car ces trois coups se prolongèrent dans la tour, s'engouffrant dans chaque partie du bâtiment, mais restant parfaitement inaudible de l'extérieur du jardin. Les deux sorciers s'engouffrèrent par la porte en la claquant derrière eux.
Ils pénétrèrent dans un long couloir aux murs tapissés de portraits. Greg effaçait les traces de boue sur ses chaussures à l'aide de sa baguette, et le fît pour Clark, d'un simple sortilège supplémentaire. Clark leva à son tour sa baguette et leurs vêtements devînrent alors secs et chaud, comme s'ils avaient été suspendus à un bon feu de cheminée durant des heures.
Greg regarda Clark d'un air impressionné ; Clark avait toujours été excellent pour les sortilèges de chaleur ou de flammes. Greg effaça aussi les emprentes de boue sur le sol,  là où une moquette gris foncé gisait, telle une grande peau de bête. L'endroit était éclairé, mais mal, par de petites lanternes qui flottaient dans les airs, pas loin du plafond, et qui répandaient une atmosphère bleuâtre, vu que les flammes qu'elles contenaient étaient bleues. Au passage des deux sorciers, certains portraits se retournèrent dans leur cadre ou les suivîrent du regard, car en effet, dans le Monde Magique, les photographies ou mêmes les images ne se contentaient pas de rester immobiles sur le papier. Elles étaient animées, bougeaient, et se rendaient visite les unes aux autres, en sortant de la limite de leur cadre, et en réapparaîssant à la limite de l'image voisine. C'était un des nombreux moyens qu'avaient trouvés les sorciers pour créer une illusion de "présence continue" après la mort, en faisant des images mouvantes qui parlent et pensent exactement comme la personne qu'ils représentent. Dans un portrait, un vieux sorcier à l'air grincheux les suivirent du regard d'un air menaçant. Clark lui tira une langue impressionnante et l'image parût scandalisée. Il continuèrent de traverser le long couloir, où régnaient des courants d'air glacés.
Au dehors, la pluie tombait, et le sol grondait à cause de l'eau qui s'écrasait dans une grosse averse.
Après le couloir, ils débouchèrent sur un escalier en colimaçon, qui montait jusqu'en haut de la tour, avec une porte à chaque étage. Ils commençèrent à escalader les marches d'un pas vif, et Clark montait tant bien que mal dans l'espace un peu trop étroit pour lui. Ils montèrent jusqu'au septieme étage de la tour, le dernier, et s'arrêtèrent devant une petite porte en bois, lisse et propre. Greg ne prit pas la peine de frapper à celle-ci et entra, suivi de Clark. Ils débouchèrent dans une salle circulaire aux murs tapissés en violet. Une grande table ronde et en bois était dressée au milieu de la pièce, sous un lustre ouvragé en or. Ce lustre représentait un dragon ayant déplié ses ailes, ouvrant largement la gueule, et tenant entre ses dents une boule de lumière blanche, tel un petit soleil au milieu d'une pièce sombre. Les meubles de la pièce avaient tous été repoussés vers les murs, comme sans interêt, tels des objets prenant inutilement de la place. La grande table en bois comprenait environ dix chaises sur lesquelles étaient gravés des prénoms différents.
Sur la plus grande de toutes, au fond, en face de la porte, était gravé le mot "PASS", et justement celui-ci se trouvait sur sa chaise, appuyé contre la table, les doigts de ses mains joints en face de lui, comme s'il priait. Il ressemblait à Greg comme sur un miroir, au détail près, sauf qu'il était habillé différement et avait de magnifiques yeux violets profonds et perçants. Ses yeux étaient très impressionnants, ils lui donnait un air de très grande puissance, et d'intelligence parfaite. Il semblait être complètement plongé dans ses pensées, son regard devenant flou. Il avait l'air d'être à la tête du groupe de personnes présentes dans la pièce, les autres étant assises sur leur chaises nominatives.
En face de Pass, à l'autre bout de la table, quelqu'un était assis sur une chaise portant le nom de "FELIX". Il n'était pas Humain car sa peau était aussi violette que sa cape et il n'avait qu'un seul pied qui descendait sous la table, en s'enfonçant dans une ombre noire et ronde qui n'avait aucun rapport avec l'ombre de la table. Son ombre était un endroit de refuge, une sorte de cachette en cas d'attaque... et c'était là qu'il habitait aussi. Au fond de la noirceur parfaite, quelques bibliothèques, un bureau et des parchemins de tous types empilés partout, dans cette sorte de "trou mouvant". Quand il se déplaçait, cette ombre le suivait partout, et il pouvait exécuter les mouvements les plus brusques, rien de ce que contenait son ombre n'était secoué. Sa capuche en pointe dissimulait presque ses yeux brillants d'un vert pomme, et il arborait un air parfaitement impassible, et ne montrait absolument aucune émotion.
-Enfin. Dit alors Félix d'un ton neutre.
Il avait parlé d'une voix basse mais tout le monde dans la salle l'avait entendu, avec sa voix nette mais calme et bien perceptible. Un timbre de voix placide et glacé comme posé sur un fil d'acier gelé.
-Désolé p'tit gars, il pleut des cordes dehors, c'est difficile de transplaner dans ces conditions... répondit Clark d'un ton infiniment plus chaleureux. Greg ajouta :
-Non, je n'ai pas trouvé ça tellement difficile. Juste que quand tu t'es accroché à moi pour pouvoir transplaner...tu m'as littéralement broyé le bras... C'est ça la chose la plus difficile à supporter...
-Vous n'êtes pas en retard, prenez place, dit Pass en montrant leurs chaises respectives d'un geste de la main. Greg s'avança, et s'assis sur la chaise vide portant son nom, à la droite de Pass. Clark fit de même mais prit place tout au fond de la table sur une énorme chaise. Lorsqu'il s'assit, un craquement sonore retentit, et des morceaux de chaise volèrent en tout sens, sous les yeux surpris et amusés des dix personnes présentes environ.
-Clark! Cria Dino.
Celui-ci ressemblait à un petit dinausore joufflu et tout vert avec un gros nez et il avait une carapace de tortue sur le dos. Ses yeux étaient rieurs et semblaient renfermer une énergie secrète et inépuisable. Il semblait rempli d'espoir et de vie mais seulement, Dino s'était fait tué par les serviteurs du Mal, les Mangemorts, et était revenu sous la forme d'un fantôme nacré et translucide.
Il traversa le dossier de sa chaise puis flotta jusqu'à Clark étendu par-terre et répara les restes de la chaise d'un coup de baguette. Les morceaux de celle-ci se soulevèrent tout seuls puis s'assemblèrent en l'air pour reformer une chaise à l'état neuf. Une fois la chaise reconstituée, Pass leva sa baguette d'un air distrait et l'objet se mis à briller d'une lumière argentée. La lumière brilla quelques secondes puis s'éteignît. Enfin, il s'exclama :
-Voila Clark, je l'ai solidifiée. Tu peux t'asseoir dessus sans craintes.
Il adressa un discret clin d'oeil à Clark puis murmura :
-Des millions de tonnes ne suffiraient plus à la casser, maintenant. Tu peux t'asseoir sans craintes, et même jouer aux chaises musicales. Qui est partant? Dit-il en haussant la voix.
Beaucoup éclatèrent de rire, dont David, grand et baraqué. Assis sur une chaise à gauche de Pass, il avait une touffe impressionnante de cheveux sur la tête et son visage lunaire lui donnait un air naïf. Mais en réalité, David était plutôt intelligent, et il se livrait souvent à des duels d'entraînement avec d'autres membres de la salle. Il était habillé d'une élégante cape bleue foncée, presque noire et arborait un grand sourire dentu.
-Je ne plaisantait pas! Enfin... sauf pour les chaises musicales... Dit simplement Pass.
Le sourire de David se dissipa presque aussi vite qu'il était venu. En effet, les immenses pouvoirs de Pass surprenaient toujours autant.
-Un simple sortilège de consolidation ne peut pas être aussi puissant... s'exclama Carmen.
Celui-ci non plus n'était pas humain, c'était une petite baleine violette qui nageait dans l'air comme un poisson nage dans l'eau. Carmen était souvent envoyé en mission par Pass au plus profond des océans, sûrement à la recherche d'objets Magiques perdu ou autres trésors enfouis sous les mers. Il était remplis de gentillesse et avait une joie de vivre sans pareil. Il aimait raconter ses exploits accomplis au cours de ses périples en mimant les créatures les plus étranges qu'il avait rencontrées, et souvent combatues.
-Et pourtant... dit Pass sur le même ton exaspéré. Tu connais mes pouvoirs Carmen, ils sont toujours aussi démesurés. Mais je dois dire que je ne m'en plain pas.
Cette phrase fût suivie d'une foule d'approbations dans la salle.
Un grand serpent qui dormait tomba de sa chaise et se déplia comme un long tuyau d'arrosage tout en poussant des cris de protestation. Sa peau était d'un violet pâle rayé de bleu et il s'appellait Sam. Il était muni d'un foulard rouge attaché à son cou et avait un nez assez imposant. Ses petits yeux limpides lui donnait un air mystérieux et rapide. Sam était en train de dormir, et, dérangé par le bruit, il s'était réveillé en sursaut et était tombé de sa chaise.
-Quoi? Qu'est ce qu'il y a? On nous attaque? Préparez les renforts! S'exclama t-il d'un air affolé. Il prit ensuite une teinte rougeâtre quand il s'aperçut que tout allait bien, et fût gêné par sa réaction.
Ceci ne manqua pas de faire pouffer Boolaid, un esprit farceur, assis à la droite de Clark.
Boolaid était rose, rond comme une boule, et les traits de son visage étaient très prononcés, comme si on lui avait aplati la face contre une vitre à plusieurs reprises. Le fond de son regard était d'un noir profond, aussi noir que les farces et blagues machiavéliques qu'il utilisait contre ses ennemis, ou contre ses amis pour s'amuser. Son rire moqueur était si bruyant qu'il s'étouffa littéralement. Passant au violet sans passer par le rouge, il tomba et roula comme une boule de bowling sur la table. Greg pointa sa baguette sur l'esprit et s'écria avec patience:
-Anapnéo!
L'effet fût instantané. Un petit bruit retentit, comme un piège à souris, et Boolaid prit une grande bouffée d'oxygène, en retrouvant sa couleur rose bonbon habituelle. Il toussa et s'exclama d'une voix rauque :
-Je déteste m'étouffer avec ma salive.
Sam en revanche éclata d'un rire sonore, ravi de pouvoir prendre sa revanche. Boolaid lui jeta un regard glacial, rendu par le serpent.
Cette petite scène fit tourner le regard à un autre sorcier, assi plus loin sur une chaise à côté de Greg. Il avait une taille moyenne et était coiffé d'un grand chapeau pointu bleu assortit à sa cape, et avait de vifs yeux dorés,  ses yeux demeurant la seule partie de son visage que l'on pouvait apercevoir, l'autre partie étant dissimulée sous l'ombre de son chapeau, inhabituellement plus noire que les ombres normales. Sur sa chaise, le nom de TELLIOS était gravé, et celui-ci imposait un air grave et sérieux aux personnes présentes dans la salle. Il inspirait le courage à l'état pur et paraissait très sage et réfléchis malgrè son tres jeune âge de quelques centaines d'années. Il avait l'air agacé et pianotait avec ses doigts d'un noir d'encre sur la table, tout en regardant alternativement l'esprit et le serpent.
Soudain, Pass se leva et le silence se fît. La puissance et le respect qui émanaient de lui étaient tels, que les plus grands bruits du monde n'auraient pas résistés, face à lui. Il commença alors à parler.

 

3. L'AVERTISSEMENT DE PASS

-Bonjour à tous. Je suis ravi de vous voir réunis autour de notre table. Merci d'être venu. Dit Pass d'un ton léger.
Tout d'abord je voudrais aborder un sujet extrêmement important.
Pass se redressa sur sa chaise, et les membres de la salle firent de même, captivés par le regard envoûtant de Pass.
Il continua d'un ton plus sombre :
Il y a une semaine, j'ai "chassé" le plus puissant mage noir jamais vu sur le Monde Magique. Quand j'ai mis Ganondorf hors d'état de nuire, je savais que le danger que ce mage noir nous imposait à chaque seconde, ce danger si terrifiant qu'est la peur de la mort, de la souffrance ou des disparitions ne se s'arreterais pas là.
Il prit soudain un air grave :
Même si Ganondorf est vaincu et emprisoné à l'heure actuelle, ses serviteurs sont toujours en liberté, et certain d'entre eux sont prêt à tout pour le venger. Ils sont prêts à absolument tout tenter pour me tuer, moi, celui qui a fait tombé leur maître adoré, moi, qui suis à présent considéré comme le sorcier le plus puissant de tout les temps...
J'observe les Mangemorts depuis toute cette semaine,-Il se rapprocha un peu plus de la table, attirant encore plus l'attention de chaqun- et je peux vous jurer qu'ils mijeotent quelque chose, j'en suis persuadé. Ils recrutent sans cesse tout type de créatures des ténèbres, de grès ou de force et ils deviennent de plus en nombreux. Ils sont en train de former un armée surpuissante. Voici le problème. Il n'y a pas d'armée sans dirigeant... et justement j'ai vaincu leur chef... J'ai la certitude qu'ils essayent de se trouver un chef très puissant, qui pourrait m'éliminer, et libérer Ganondorf. Les choses ont l'air d'aller bien maintenant que Ganon est en prison, mais la vérité est bien plus sombre.
Sam demanda :
-Heu... Pass... Ou est enfermé Ganondorf à l'heure actuelle? Parce que... Il ne faudrait pas qu'il s'échappe... sinon les choses redeviendraient comme avant...
-Ne t'inquiete pas pour lui, Sam. Il est dans un endroit extrêment sûr. J'imagine que c'est le plus sûr qui soit...
Voyant que Sam s'apprétait à poser une nouvelle fois la question cruciale, Pass trancha :
Dans ma poche. Il est enfermé dans ma poche. Et vu l'état dans lequel il se trouve... Il n'est pas prêt de s'enfuir.
Son regard intense balaya la salle d'un air sombre. Télios fut prit d'un frison quand le regard de Pass croisa le sien ; en effet, Pass impressionait toujours autant. Il reprit :
La situation dégénere, et je peux vous certifier que quelque chose de terrible va se produire bientôt, avant même que l'on ai eu le temps de réagir.
Son regard balaya de nouveau la salle, produisant les mêmes effets ; Félix trésaillit quand les yeux de Pass vinrent croiser les siens. Il continua :
C'est pourquoi je vais vous demander à tous de redoubler de prudence, et de faire attention à chaqun de vos faits et gestes. La moindre erreur pourrait vous être fatale, à vous, comme à moi.
Ses yeux violet restaient fixés sur ceux de Félix, l'être violet muni d'un seul pied. Il le fixa d'un regard extrêmement intense, comme son âme lui était visible. Il trancha :
Il est d'une importance cruciale en ces temps troubles de se souvenir que les forces du mal sont multiples et diverses, et qu'il faut l'être aussi pour pouvoir les combattres.
Pass détourna enfin son regard de Félix, celui-ci couvert de sueur. Puis il ajouta d'un ton vif, en faisant sursauter tout le monde :
Merci à tous de m'avoir écouté, et je vous supplie de rester sur vos gardes. Au revoir.
Au moment même ou Pass prenait sa baguette posée sur la table, une détonation retentit, faisant trembler tout les murs de la tour. Certains sorciers réagirent en tirant leur baguette de leur poche, Télios le premier, mais Pass fut de très loin le plus rapide. A peine ce bruit avait retenti que Pass avait bondi vers la fenêtre, celle-ci cachée derriere une armoire. Mais l'armoire n'était déjà plus là, Il l'avait faite disparaître, en une petite volute de fumée. Il observa la pluie battante sur l'herbe noyée de la Grande Plaine, son regard perçant traversant le terrain, à la recherche du moindre signe de vie dehors. Une vue terrifiante s'imposait aux membres de cette réunion. Vu de la table, ces sorciers voyaient Pass leur tourner le dos, celui-ci en face d'une fenêtre batue sans cesse par la pluie accompagnée d'un battement incessant. L'atmosphère sombre et menacante de la pièce, ponctuée par un silence glaçant, paralysait toutes les personnes présentes dans la pièce, exepté Pass, celui-ci ayant pointé sa baguette sur le carreau de la fenêtre et marmonant des paroles inaudibles. Soudain, la vitre se brisa net dans un craquement sonore, rompant le silence pesant, et fesant bondir de peur les personnes présentes dans la pièce. Pass glissa sa main sur le verre brisé toujours accroché à la fenêtre tout en le regardant d'un air étrange, et soupira lentement, plus pour lui-même que pour les autres :
-Mmhhh... Les ennuis arrivent...
Au même moment, un autre choc se fit ressentir dans les murs de la tour, accompagné du vacarme surprenant de la détonation. Pass se retourna brusquement vers tout le monde, les fesant sursauter pour la troisième fois cette derniere minute. Il s'exclama d'un ton parfaitement calme, bien que très sérieux :
-Les amis, je crois que nous avons un problème. J'ai bien peur que mes soupsons sont désormais confirmés. Les Mangemorts nous ont trouvé, après de longue années de cachette ici...
Il finit d'un ton calme, presque mélancolique :
-Ils nous attaquent.
Tout le monde dans la salle sortit immédiatement une baguette de leurs poches, toutes différentes, certaines grandes, d'autres grosses, fines, sculptées...
Pass traversa la salle en un rien de temps, sans que personne ne l'ai vu faire. Il s'arrêta sur le palier de la porte qu'il venait d'ouvrir et s'exclama :
-Vous savez ce que cela signifie... les forces du Mal passent à l'action... Tenez vos baguettes prêtes, nous allons devoir fuir, je...
Il fut alors coupé par Dino, celui-ci soudain scandalisé :
-Pass! On ne va tout de même pas abandonner le quartier géneral? T'es pas sérieux, hein?
Pass posa sur lui un regard neutre à donner la chair de poule.
Dino devint légèrement argenté, ce qui devait être l'équivalent de rougir pour un fantôme, géné d'avoir osé couper la paroles à Pass. Il continua d'une voix incertaine :
Il y a des tonnes de plans secrets, des listes de sortilèges d'une puissance colosale... Il ne faut pas que les Mangemorts les trouvent!
-Dino, nous devons fuir, quoi qu'il arrive, les forces du mal sont trop nombreuses ce matin pour tenter de résister. Dis Pass d'un ton aimable.
Quand aux papiers important et aux autres objets divers, Télios va s'en charger n'est-ce pas, Télios?
Celui-ci acciessa d'un signe de la tête et brandit sa baguette, fine et sculptée. Alors, un courant d'air traversa la pièce et des liasses entières de parchemin vinrent s'engoufrer dans la poche intérieure de sa cape, celui-ci la tenant largement ouverte pour permettre aux objets d'y entrer. Des parchemins, des fioles, des objets fragiles en cristal, des médaillons ou encore des animaux étranges volèrent à travers la pièce, tous venant de la porte, la où se tenait Pass, celui-ci occupé à regarder dans les escaliers derriere la porte. Les bibelots et les papiers plongeaient dans la poche de Télios, celle-ci engouffrant tout les objets, bien plus qu'une poche ordinaire aurait pû contenir de matière. Elle devait être ensorcellée pensa David, fasciné par cette scène étrange.
Enfin, un lourd et vieux piano traversa la pièce et plongea dans la cape de Télios avec une note grave, la poche n'ayant pas gonflée du tout. Il referma sa cape et se tourna vers Pass, toujours occupé à scruter les escaliers. Celui-ci parla d'un air distrait, le regard fixé sur les marches :
-Merci Télios. Suivez-moi maintenant.
Puis il passa la porte avec une vivacité surprenante et s'engouffra dans les marches du péron en spirale, sa longue cape violette virevoltant derriere lui sur son passage.




4. LA FUITE

   Pass continuait de marcher d'un pas vif, plongeant dans les escaliers tel une chauve-souris violette, suivi de tout les membres de son "armée". Il dévalait les marches tout en discutant aimablement d'une voix claironante aux personnes qui lui emboîtaient le pas.
-Une fois à l'extérieur de la tour, foncez le plus rapidement possible vers le portail. Au delà de cette limite, nous pourrons transplaner. Direction la cabane de Clark. Félix, sort discrètement avant tout le monde ; aucun Mangemort ne doit te voir.
Il arriva en bas des escaliers, suivi de tout les autres, et commença à marcher d'un pas prudent vers la porte d'entrée de la tour. Sans que personne ne le remarque, Félix été déja parti en se cachant discrètement dans son ombre, celle-ci longeant les murs comme un courant d'air. Dans le couloir, tout les portraits avaient disparus, probablement aspiré par le sortilège de Télios.
Arrivés à mis chemin du couloir, un grand BANG retentit et la porte d'entrée vola en éclats, envoyant des projectiles de bois un peu partout. Une fois de plus, Pass fût très rapide. Il avait brandi sa baguette en avant, comme un chevalier qui aurait brandi son épée, et un phénomène étrange se produisit en une seconde.
Une protection, telle un mur de lumière bleue était apparue entre l'explosion et les combattants. Beaucoup de morceau de bois s'écrasèrent sur son "Charme du Bouclier" avec un bruit étrange, et tombèrent sur le sol, arrêtés net.
A cause de la poussière qu'avait provoquée la déflagration de l'explosion, le groupe ne pût voir qui se tenait derrière la porte. La moitié du plafond s'était écroulée, et un bout du mur s'était décroché, pulvérisé par le choc, et s'était écrasé en petit morceaux sur l'incantation de Pass. A travers le nuage de poussière, de gravats et de plâtre, on entendait des voix provenants de l'autre côté de la porte :
-Tu aurais pû faire plus doucement, Scab! Rugit une voix de stentor.
-Ferme la, il me semble qu'il y a quelqu'un derrière la porte...
-Mais évidement qu'il y a quelqu'un derrière la porte! On est là pour les tuer!
-Non mais il y a quelqu'un, juste là! Dit la deuxième voix.
Le nuage de débrits s'était suffisement dissipé pour que l'on puisse aperçevoir la manche d'une cape de sorcier noire, pointant exactement l'endroit ou le groupe se tenait, immobile et prêt à l'attaque.
-On va vérifier ça tout de suite! S'exclama la voix forte.
Pass et le groupe entier réagirent instantanément. A peine le Mangemort eu le temps de soulever sa baguette, sûrement prêt à lancer une sortilège meurtrier, que Pass fît disparaître sa protection juste à temps pour laisser passer la rafale de sortilèges rougeatre lancés par son armée. Ils avaient tous criés d'une voix sonore :
-STUPEFIX!
La force des sorts dissipèrent immédiatement ce qui restait des gravats en suspention, et ces éclairs traversèrent le couloir comme des flèches de lumière, laissant aperçevoir un gros mangemort brun frappé de plein fouet par les incantations. Il y eut un gros bruit sourd, et il fût projeté dans le jardin à une quizaine de mètres de la porte, très certainement inconscient, ou probablement tué sur le coup. A côté, l'autre Mangemort, vêtu d'une longue cape noire masquant chaque partie de son corps, et muni d'une capuche qui cachait tout son visage, recula de quelques pas, horrifié par ce qu'il venait de voir.
Greg pointa sa baguette sur lui, mais le dénomé "Scab" fût néamoins le plus rapide.
Ayant remarqué que Greg l'attaquait, Il avait lui aussi brandi sa baguette d'un blanc de neige d'un geste rapide et un sortilège vert émeraude en sorti fonçant droit vers Greg. Pass dévia le sortilège d'un simple geste de la main, et celui ci fût renvoyé vers son lançeur. Scab réagit intinctivement. Il fit un drôle de mouvement avec sa baguette et les effets fûrent surprenants. Le sortilège que Pass lui avait renvoyé s'était soudain enflammé avec une chaleur intense, et avait formé une barrière de flammes vives et ardentes, empêchant le groupe de voir au-delà, où justement, Scab se tenait. Dino pointa sa baguette aussi translucide que son corps sur les flammes et s'écria :
-Aqua Eructo!
Un long jet d'eau, épais et puissant sortit de l'extrémité de sa baguette, envoyant de grandes trombes d'eau sur les flammes, qui s'éteignirent au bout de quelques secondes. Certaines parties du sol fumaient, encore incandescantes. L'entrée de la tour, qui avait été pulvérisée, brûlée puis noyée était maintenant déserte, exepté Pass et ses combattants qui se tenaient là, scrutant le trou béant, là ou le Mangemort se trouvait quelques secondes auparavant. La pluie tombait dru dehors, et le bruit fracassant de l'eau résonnait à présent dans le couloir, partiellement détruit et parcouru de courants d'air gelés. Et comme deux ne va pas sans trois, le vent venait à présent se méler à la pluie torrentielle, arrosant le couloir de fines goutelettes, et créant des râles terrifiants ponctués de rafales de pluies persistantes.
Ils restaient tous là à attendre sous le crachis, celui-ci porté par les courants d'air créant un bruit fantômatique. Puis sans un mot, Pass s'approcha du trou déchiré par l'explosion et sortit dans le jardin. Il fût rejoint un peu plus loin par son groupe.
Dans le jardin (pour ne pas dire dans la forêt) qui s'étendait droit devant eux, la pluie battante masquait tout aux alentours, y compris le portail à l'entrée de la propriété cachée. Pass parla avec une voix toujours aussi calme :
-Suivez-moi sans un bruit.
Il brandit sa baguette et fît apparaître un chemin devant eux, en direction du portail, en brisant net les arbres, buissons et plantes se trouvant en face de son bâton. Toute la végétation se pliait de chaque côté en un craquement sonore plutôt appeurant, dégageant un passage presque praticable. L'averse qui fesait rage avait batu la terre et créée de la boue dans tout le jardin, ce qui rendait le terrain aussi praticable que de patauger dans une mare avec de la boue jusqu'à la taille. Pass élança une nouvelle fois sa baguette dans les airs tel un chef d'orchestre, et la boue du chemin se solidifia, se transformant en terre cuite parfaitement lisse. Avec une habileté sans pareille, Pass invoqua de sa baguette magique une pluie de dalles taillées qui s'enfonçèrent avec précision dans la terre du chemin, ne dépassant qu'à moitié.
A présent, le jardin comportait un chemin, propre, lisse et dallé, parfaitement praticable, celui-ci menant directement jusqu'au portail. Le groupe fût une fois de plus proprement stupéfait par cette démonstration de puissance.
Pass commença à marcher sur le petit chemin récement bâtit, mais au bout de deux pas, il s'arrêta net.
En effet, ils s'étaient arrêtés à cause d'une voix qui avait retenti derrière eux, et ils s'étaient tous retournés brusquement, l'air surpris. Pass en revanche n'affichait aucun air de surprise.
Un grand sorcier avec une cape blanche à capuchon s'était discrètement approché du groupe et avait lancé d'une voix forte :
-VOUS ETES COINCES!
On distinguait à peine ses cheveux blonds et long sous sa cape d'un blanc éclatant. Le groupe s'écartait de chaque côtés du chemin, laissant passer Pass, celui-ci revenant sur ses pas avec une démarche seraine, presque détendue. Il s'apprétait à parler et on aurait pû jurer qu'il s'apprêtait à prendre une tasse de thé avec le Mangemort, tellement son visage était détendu. Il s'arrêta à quelques mètres du Mangemort, et s'exprima sur le ton de la conversation, sans afficher la moindre trace de peur sur son visage :
-Bonjour Héliot! Comment vas tu? Quel temps agréable, tu ne trouves pas?
La surprise sur le visage du Mangemort passa en un éclair puis se dissipa immédiatement. Il fût alors rejoint par une quizaine d'autres personnes ; Les autres Mangemorts portaient de longues capes noires et un masque, cachant leur visage. Le dénomé Héliot était le seul à porter un habit blanc, et on aurait pû en déduire qu'il était le dirigeant de la petite troupe de Mangemorts, le plus puissant de ceux présents ici en l'occurence. Les renforts du mal semblaient surgir de partout ; de derrière la tour, sortant des buissons, même certains ressortaient de la boue, la respiration haletante.
-Tu as amené tes amis, Héliot? Comme c'est charmant... Repris Pass du même ton aimable.
-SILENCE! Tu pense peut-être que tes fines plaisanteries vont t'aider sur ton lit de mort? Beugla Héliot, soudain hors de lui.
Cependant, cela n'impressionna pas du tout Pass qui continuait de sourire aimablement :
-Non, Héliot...c'est ce que j'appelle les bonnes manières. Dit-il d'un ton que l'on réserve habituellement aux enfants en bas âge.
-Toujours pareil avec toi Pass! Tu te crois toujours supérieur aux autres avec tes bonnes paroles! Mais aujourd'hui, tu vas crever! Tu vas payer pour ce que tu lui à fait!
-Je n'ai aucune intention de me laisser tuer... Ni mes amis ni moi n'allons mourrir aujourd'hui. Dit Pass d'un ton tout aussi aimable.
-Et tu penses que toi et tes petits idiots d'esclaves vous allez nous empêcher de vous écraser comme des cafards?
Pass leva sa baguette et un grand bruit retentit, tel un coup de tonerre particulièrement sonore. Un grand flash lumineux violet déchira les cieux et illumina tout le sommet de la montagne d'une couleur vive et intense. Héliot, vêtu de blanc, tomba à genoux, sa baguette magique projetée à une dizaine de mètres sous la violence du choc. Il semblait incapable de faire le moindre mouvement et sa capuche était tombée, laissant apparaitre un visage appeuré et couvert de cicatrices. Pass s'approcha, s'accroupit, et dit alors d'un ton froid comme la glace :
-Je te déconseille d'insulter une nouvelle fois mes amis devant moi... Voyons Héliot, tu ne voudrais tout de même pas que j'utilise mes pouvoirs contre toi?
Un terrible frisson traversa toutes les personnes présente ici. Le ton de Pass avait changé si vite et si violement qu'il inspirait un sentiment pire que la peur.
Les autres Mangemorts, la mine terrorisée, pointèrent tous leur baguettes sur Pass et son groupe mais n'osaient pas lancer un quelconque sortilège sur eux. A son tour, l'armée de Pass fit de même, les regardant avec de terribles yeux. Les Mangemorts étaient impressionés par les pouvoirs apparents de Pass et par les regards menaçants lancés par le groupe aux Mangemorts. Pass reprit la conversation sur le même ton, alors qu'Héliot retrouvait sa mobilité :
-Et maintenant vous allez calmement nous laisser partir, ou j'ai bien peur que nous serons contraints d'utiliser la force...
La voix d'un Mangemort surgit de derrière Pass, en direction du portail :
-Certainement pas. AVADA KEDAVRA!
Le visage de Pass changea littéralement. Passant d'une tête parfaitement impassible et froide à la tête de quelqu'un qui est franchement déçu, il créa un bouclier bleuâtre avec sa baguette, le même qu'il avait fait apparaître quelques minutes plus tôt pour se protéger des éclats de la porte. Le sortilège vert émeraude lancé par le Mangemort s'écrasa sur le charme avec une note aigue à glaçer le sang, ce qui brisa l'incantation de Pass comme du verre. Pass avait eu l'air de s'y attendre et dès que sa protection fût détruite, il lança avec une impressionnante rapidité un sortilège de couleur rouge. Cet éclair fût plus rapide que le sorcier qui avait essayé de s'en protéger. Il le heurta de plein fouet et tout le monde entendit malgrès la pluie battante un craquement d'os bien distingué. Il fût progeté à perte de vue en une seconde.
Les Mangemorts, profitant de la diversion, y compris Héliot, réagirent en même temps. D'un mouvement uniforme de leur baguettes, ils lancèrent tous un maléfice plus ou moins puissant. Des flash de lumière verte, rouge, bleue, jaune apparurent de partout, comme des feux d'artifices. Les éclairs meurtriers des sortilèges filaient sur Pass et sur son groupe. Télios dévia à lui tout seul quatres maléfices qui sauvèrent la vie à Clark et Sam. Greg et David créèrent un gros bouclier de lumière gris argenté, et environ cinq sortilèges vinrent d'écraser dessus, en créant une secousse à chaque impact, protégeant ainsi Dino et Boolaid des sortilèges meurtriers.
Les maléfices de mort ne pouvaient pas tuer les deux spectres, étant donnés qu'ils étaient déja morts. Mais cela avait des effets nocifs pour eux. Cela les plongeait dans un comma qui durait plusieurs jours.
Pass avait levé sa baguette et le sortilège de mort envoyé par Héliot avait été détruit en une grande explosion d'éteincelles vertes.
Durant cette scène de panique, des cris, des détonations et des craquements avaient retentis, sous les bourrasques de pluie et les flashs lumineux. Certains Mangemorts avaient été propulsés dans les arbres et les buissons, d'autres avaient pris feu et se désintégraient à vu d'oeil. L'un d'eux avait même perdu sa tête, victime de son propre maléfice tranchant, contré par Télios. Les trois quarts des Mangemorts étaient tombés au combat, le reste avait réussi à survivre, en déviant des sorts ou en les évitant. Il restait à peu près cinq Mangemorts contre dix membres du groupe, tous bien vivants, sans la moindre égratinure.
Carmen brandit alors sa baguette et décrivit un petit cercle avec sa baguette. Les cinq Mangemorts perdirent tous leur baguette des mains, désarmés avec une petit flash bleu et le bruit d'un bouchon de champagne qui saute d'un bouteille. Greg leva à son tour sa baguette et s'écria :
-Incarcérem!
Cinq cordes d'un noir de jais sortirent en même temps de sa baguette et fondirent droit vers les Mangemorts. Elles s'enroulèrent à une vitesse folle autour de leur corps et ils tombèrent, ficelés.
Pass ajouta d'un air passablement déçu :
-Bien, maintenant regagnez le portail, je dois m'occuper de...
Il fût coupé par un Mangemort ligoté, dont la tête dépassait encore de ses liens.
-Vous n'auriez pas dû faire ça! Vous avez signé votre arrêt de vie!
Pass prit soudain un air agacé.
-Blocklang! S'écria t-il.
Aussitôt, la langue du Mangemort se colla contre son palais, et il fût incapable de dire un mot de plus. Pass dit alors :
-Maintenant tous au portail, vite! Je dois m'occuper de quelque chose...
Et tout le monde à part lui se mit à courir en direction du portail. Les membres du groupe se suivaient sans problèmes, exepté Clark qui trébucha à deux reprises. Il se relevait à chaque fois et tentait de rattraper ses amis.
Ils couraient sur une bonne centaine de mètres en se rapprochant du portail quand tout à coup, un fracas gigantesque retentit derrière eux. Ils s'arrêtèrent et se retournèrent. A travers la pluie torrentielle, on pouvait voir apparaître une gigantesque lueur de couleur orange sur les contours à peine distinguables de la tour. Le bruit fracassant indiqua que l'on avait détruit la tour, et que celle ci était en train de s'éffondrer et tout le monde la regarda d'un air navré. Jetant un dernier regard à la tour qui tombait, il se remirent à courir en direction du portail.
Pass, quand à lui, allait être rattrapé par une bonne vingtaine de Mangemorts, les derniers qui essayaient de s'achapper de la tour qui tombait en miettes. Son regard perçant était fixé sur eux qui couraient vers lui, et quand il vît que tout ses amis eûrent franchis le portail et eûrent disparus derrière, il pointa sa baguette vers ses ennemis qui n'étaient plus qu'a quelques mètres de lui et un grand Patronus bleu argenté apparût et ce fût un grand dragon nacré qui s'interposa entre Pass et les sorciers meurtriers, et qui vola dans leur direction en déployant ses ailes de fumée gigantesques. Ceux-ci s'arrêtèrent immédiatement et essayèrent de rebrousser chemin mais le Patronus géant lança sur eux une flamme bleue d'une dizaine de mètres. Ils fûrent tous réduits en cendres en poussant des cris déchirants, sauf le puissant Scab, clairement reconnaissable sous la pluie battante, qui avait réussi à sauter dans les buissons à temps.
Pass ne chercha pas à le retrouver bien que son regard profond était fixé sur les buissons là ou il avait sauté, et préféra courir vers le portail qu'il traversa comme de la vapeur et au-delà duquel il s'arrêta, accorda un dernier regard vers la tour, et brandit sa baguette vers le jardin et le bâtiment en train de s'effondrer. Puis tristement, il dit dans un souffle :
-Cofringo.
Un phénomène étrange se produisit. Dans le jardin, tout autour de leur demeure dévastée, l'air lui-même se courbait, se déformait, créait des ondulations, comme des vagues de chaleur froides qui produisaient un bruit sourd et terrifiant, comme porteur d'une terrible menaçe. L'air de toute la cour, en une seconde, se concentra sur l'habitation qui s'effondrait, créant de terribles appels d'air tout autour du quartier général et tout à coup, l'oxygène du jardin s'enflamma et explosa avec une force titanesque. Vu du ciel, la montagne toute entière explosait, projetant dans le ciel des rocs de tailles colossale, telle un gigantesque volcan qui serait entré en éruption. Pass avait disparu dans les pans de sa cape, ayant tourné sur lui même au moment précis de l'explosion, la montagne hurlant son dernier souffle de feu en déchirant les cieux.


"Il avait réussi. Il avait réussi à s'échapper avant que cette colline n'explose... Sa longue cape noire était déchirée par endroits car il avait escaladé les hautes grilles autour du quartier général, avant que celui-ci n'explose avec cette montagne... Ses blessures et le transplanage l'avait beaucoup affaibli et il marchait en boîtant, mais il devait continuer... Il devait absolument continuer... Tout ce qui comptait à ses yeux maintenant, c'était de continuer à marcher, continuer sans s'arrêter et trouver de quoi reprendre des forces...
L'endroit où il s'était matérialisé n'était plus humide, battu par la pluie ou déchiré par les incantations. Seule une légère brise faisait virevolter les pans de sa cape trouée, incessament agitée par ses pas incertains et claudiquants. Il faisait sombre, frais, et le sol rocheux glissait sous ses pas maladroits. Il trébucha plusieurs fois et le bruit de ses chutes se répercutèrent en écho dans les alentours de rocs, le bruit mât se répandant farouchement sur les terres rocheuses, baignées sous un ciel couleur sang. 
Il savait où il avait transplané et il connaissait le risque qu'il se fesait prendre à lui-même. Il était allé au "Grand Ravin", que l'on surnomait comme tel en raison de gigantesques régions de montagnes, de plaines rocheuses d'une taille pharaonique ou de falaises de pierre très répandues. Ce continent était situé juste en dessous de la Grande Plaine, et son relief était extrêmement abrupt, à tel point que la végétation y était quasiment absente. Des milliers de légendes tournaient autour de ce "ravin", et la plus célèbre de toutes disait que le Mal serait apparu ici. Beaucoup de gens avait des raisons d'y croire, étant donné que personne n'osait s'aventurer dans le coeur du continent, la où s'étandait une gigantesque faille de quelques millions de kilomètres.
Mais Scab marchait, insensible à toutes ces foutèses, insensible au point de côté qui lui perçait le flanc, la respiration haletante et le corps frissonant sous le vent glacé.
Alors, il s'arrêta faiblement. Il comprit alors... Ses blessures était trop importantes pour qu'il continue. Il se laissa tomber à genoux, refusant d'acceuillir la mort. Sa vue commençait à se troubler, les lumières, les sons ; tout s'éteignait autour de lui.
Il senti soudain une décharge électrique dans chaque muscles de son corps. Son regard redevînt net, ses sens lui revînrent, et il eût un instinct quasi-irrépressible de se lever brusquement, mais il ne bougea pas. Son coeur s'était remit à battre, et aussi incroyablement que possible, une énergie était de retour dans son corps, une énergie suffisante pour lui assurer la survie.

Une silhouette se tenait devant lui, et abaissait sa baguette. Grande et la peau grisâtre, la chose en face de lui été vêtue d'une tunique vert pâle. C'était un Knarenn, Scab en avait déjà rencontrés. Il savait que cette créature vivait habituellement dans le désert, ou habitaient ses congénères fous et sanguinaires. Ce knarenn venait de lui lançer un sortilège qui lui avait fait reprendre connaissance...

Le visage hideux de la créature arborait un air de surprise et il contemplait avec intêret le corps étendu à quelque mètres de lui. Il resta là, à le contempler pendant une bonne minute, et s'exclama enfin, avec une voix surexitée : 

-Je vous reconnais! Vous êtes Scabior!
Celui-ci était couché au sol, tremblant et frissonant, et on n'aperçevait pas la moindre partie de son visage, ni de son corps dissimulé sous sa longue cape noire. Il essaya de se relever, et parla avec une voix faible et rauque :
-J'ai besoin d'aide...
Puis il retomba sur le sol, inconscient. Le Knarenn s'approcha de Scabior, l'attrapa par la taille, et ils disparûrent ensemble, le bruit de leur disparition raisonnant en écho sur le paysage rocheux."

MySeLf !!

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  • : 09/03/2009
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